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ME2006 Mails French

Following is the full text of all French emails we sent during this trip. The texts are original copies, shown here as sent: typos, errors, warts and all (the same in English).


Subject: Istanbul - Ankara - Bogazkale

Date: Sun, 26 Mar 2006 17:20:03 +0300

Chers Tous,
Nous voici donc arrives dans une petite ville d'Anatolie centrale,
appelee Sungurlu, d'ou nous voulons visiter demain les ruines de
Bogazkale, l'ancienne capitale Hittite de ce peuple il y a quelques
milliers d'annees. Les guides touristiques laissent entendre que cela
vaut le coup d'etre vu, nous verrons... Nous esperons seulement qu'il
ne pleuvra pas.
Car le temps nous donne un peu de soucis: il fait froid, dans les 8 a
10C pendant la journee, et le plateau anatolien etant au dessus de
1000 metres, il y fait assez froid. Nous pouvons nous proteger, mais
de la pluie en plus serait vraiment trop...
Istanbul nous a a nouveau fascines, et c'etait fantastique de se
retrouver dans cette ville. Nous avons pris notre temps, flanant le
long des beaux monuments, des innombrables mosquees, le long des rives
du Bosphore et dans le bazar. Cette ville a vraiment un flair
particulier, une magie, il fait bon y etre.
Mais nous sommes vite partis, direction Ankara, qui, par contre nous a
aussi bien surpris que decus. Nous nous attendions a une ville
moderne, du genre d'Istanbul. Certains quartiers sont modernes, mais
l'impression generale est celle d'une ville negligee, un peu
reminiscente des villes des anciens pays de l'Est. Les bus sont
vraiment vieux et contribuent fortement a la pollution ambiante, qui
etait vraiment significante. Le soir, les rues sont mal allumees,
heureusement que les magasins jettent leur lumiere sur les trottoirs.
En d'autres mots: nous nous etions vraiment attendu a autre chose.
Ankara a une belle citadelle et quelques belles mosquees (entre autres
une d'entre elles, avec des colonnes en bois surmontees d'un plafond
en bois impressionant). Mais Ankara a aussi le Anit Kabir, le mausolee
d'Ataturk, un must pour les visiteurs, incroyable monument a la gloire
de cet homme et du culte qui l'entoure.
Une autre raison de venir a Ankara est le musee des civilisations
anatoliennes que nous avons dument visite: un peu decus, car nous ne
pouvions nous empecher de le comparer a celui de Nicosie en Chypre,
beaucoup mieux. A Ankara, trop de pieces exposees et pas assez
d'explications; nous avions quelquefois du mal a cerner l'origine ou
la date des objets exposes.
Voila donc pour nos premiers jours en Turquie. Nous devons nous
habituer au froid (surtout que nous allons passer a Erzurum, 1000m
plus haut qu'ici ou nous nous attendons a des temperatures encore plus
froides). Mais nous sommes bien equipes. Nous devons aussi maitriser
nos deplacements: les distances sont enormes, cela prend beaucoup de
temps et d'effort.
Nous avons recu nos codes d'autorisation pour nos visas iraniens, que
nous devons collecter a Erzurum. Vero a aujourd'hui fait prendre sa
photo, avec un foulard cachant ses cheveux: on dirait une maitresse
d'ecole severe.
Nous enverrons notre prochain message d'Erzurum dans une semaine.
A bientot !
Vero + Thomas

Subject: Bogazkale - Amasya - Sivas - Erzurum

Date: Mon, 3 Apr 2006 18:34:27 +0300

Bonjour,
Nous voici donc arrives a Erzurum, a quelques 300 km de la frontiere
iranienne, notre long trek le long du plateau anatolien touche a sa
fin.
Nous vous avons quittes, a Bogazkale, cette capitale hittite d'il y a
3500 ans. Le site nous a bien plu, et impressiones comme Troy nous
avait impressiones l'an dernier. Il n'y a plus grand chose de debout,
mais on se rend bien compte de l'etendue du site, il en reste des
portes monumentales, des remparts et les fondations de temples
gigantesques. Dans l'un d'entre eux se trouve une pierre cubique de
marbre vert, tres enigmatique, offerte en cadeau de mariage par Ramses
II a son "collegue" hittite.
Prochaine station fut la plaisante ville d'Amasya. Pour y arriver,
nous avons du transiter par Corum, la capitale turque (et mondiale
peut etre) du pois chiche. Ils existent dans toutes les variations et
preparations. Frits, souffles, sucres, enrobes de chocolat, sales
(avec accent aigu)... Incroyable. Nous en avons fait un stock pour
occuper les longs trajets en bus...
Nous avons passe trois jours a Amasya, une ville situee le long d'un
fleuve, avec une citadelle haut perchee et des maisons a colombages.
Ideal pour relaxer, il faisait bon s'y promener. D'autant qu'il
faisait beau. C'est de la que nous avons aussi vu l'eclipse totale de
soleil du 29 mars. Vraiment chouette. Pour commencer, nous avons fait
quelque chose de tres non-turc... Nous sommes montes sur une montagne,
300 m au dessus de la ville, et de la, nous avions une vue splendide
sur le spectacle qui s'offrait a nous. Comment la ville tomba dans
l'obscurite, les lumieres s'allumerent le long du fleuve et le soleil
reapparu si vite et soudainement. Vraiment un moment memorable.
Prochaine etape fut Sivas, une ville comportant de tres beaux anciens
monuments Seljuk - medresses, mosques, tombes. Ici, on ressent deja
l'influence perse et d'Asie Centrale. Cette influence se fait encore
plus sentir a Erzurum ou nous sommes aujourd'hui. Les mosquees ont
echange leur minarets ottomans en forme de fusee, pour des minarets
plus epais, fait de briques et adornes de carreaux de ceramique.
La ville d'Erzurum en elle meme est tres polluee, sale et tres
negligee. Mais le voyage pour y arriver est le meilleur. Nous avons
traverse le plateau anatolien, et malgre les avertissements de nos
guides, avons trouve le paysage varie, impressionant par ses vastes
etendues semi-desertiques (steppe). Nous avons aussi longe le cours du
jeune Euphrate pour 100 kms, un fleuve vif et si petit quand on pense
a la largeur que nous lui avons vue a Deir es Zor en Syrie...
Depuis Sivas, nous avons mauvais temps. Pluie et meme neige, si cela
continue, nous ne verrons pas le Mont Ararat demain. Ce serait
vraiment dommage. Mais mission accomplie, car nous avons aujourd'hui
enfin obtenu nos visas iraniens. Apres une journee kafkaienne passee
au consulat iranien, a attendre le bon vouloir des fonctionnaires
presents, que nous ne pouvions pas voir, car caches derriere une vitre
teintee et auxquels  nous ne pouvions parler qu'en nous agenouillant
pour etre a la hauteur de l'hygiaphone...
Mais bon, nous avons les visas, et nous partons demain pour
Dogubeyazit, a 35km de la frontiere. Nous pensons y rester un jour
avant de passer en Iran.
Notre prochain message viendra donc probablement de Teheran, notre
seconde etape en Iran (la premiere etant Tabriz). Nous sommes
impatients de quitter le froid de l'Anatolie.
Baisers a tous
Vero et Thomas

Subject: Dogubeyazit - Tabriz

Date: Sun, 9 Apr 2006 16:35:13 +0430

Bonjour,
Nous voila donc en Iran depuis maintenant trois jours et tout va bien.
Les Iraniens sont tres sympas, meme un peu trop. Ils n'arretent pas de
nous demander si tout va bien, si nous avons besoin d'aide et s'ils
peuvent faire quoique ce soit pour nous. Ils sont presque decus,
lorsque nous leurs disons que tout va bien.
Mais revenons a nos derniers jours en Turquie: d'Erzurum, nous avons
pris un vieux minibus pour Dogubeyazit. L'etat des routes laissait a
desirer et ce fut un voyage un peu cahoteux. Dogubeyazit a un tres
beau palais, situe a 6 km au sud est de la ville, en hauteur,
surplombant la vallee et face au Mont Ararat. Le paysage n'est plus la
steppe anatolienne, mais le desert montagneux et dechiquete de la
Perse. Ce palais est vraiment etonnant, et semble sortir tout droit
des 1001 nuits, completement incongru au milieu de ce desert. Nous
avons tres apprecie, malgre le mauvais temps.
Malheureusement, nous n'avons pas vu le Mont Ararat dans toute sa
splendeur: nous avons quand meme eu la chance d'entrevoir le sommet,
et en tout, nous n'avons pas trouve cette montagne aussi
impressionante que nous l'avions imagine.
Le jour suivant, nous avons passe la frontiere iranienne a Bazargan:
pas de problemes, juste 30 minutes, et Vero, tres anxieuse de passer
l'examen du code vestimentaire iranien... En fait, les femmes
iraniennes (surtout les jeunes citadines) montrent leur frange et meme
un peu plus, quelques unes osent porter des sandales sans chaussettes
(!) ou un foulard clair, et d'autres encore plus temeraires roulent le
bas de leurs jeans et montrent ainsi leurs chevilles... Les femmes
iraniennes sont tres belles, minces et elancees. Les jeunes ne portent
pas le chaddor, mais des manteaux etroits a la taille, couvrant leurs
fesses, mais assez pres du corps...
Donc tout va bien sur ce front. Tabriz est donc notre premiere etappe
et nous y avons passe 3 jours, histoire de s'habituer a ce nouveau
pays, pas si depaysant que nous le pensions. Le basar, par exemple,
fut decevant, et celui d'Alepp reste jusqu'a ce jour imbattable.
Le monument a voir ici est la mosquee bleue, demolie par un
tremblement de terre il y a deux cent ans, mais maintenant
reconstruite. Le portail exterieur est reste intact et il y a encore
beaucoup de carreaux d'origine a l'interieur. Un tres bel edifice et
une bonne introduction a l'architecture persanne.
Aujourd'hui, nous avons fait une excursion a Kandovan, un village
troglodyte, dans les montagnes a 50 km au sud ouest de Tabriz.
Similaire a ce que nous avons vu en Cappadoce (mais moins bien)
Sinon, le beau temps est revenu, il commence meme a faire chaud. Nous
partons ce soir pour Teheran: soit par le train de nuit, mais nous
sommes en stand by et pas tres optimistes d'avoir une place. Si cela
ne marche pas, nous prendrons le bus de nuit...
Notre prochain message viendra dans une dizaine de jours, de Kashan ou
Yazd.
Baisers a tous, et merci a ceux qui nous ecrivent, cela fait toujours
plaisir de recevoir des message de la maison !
Vero + Thomas

Subject: Teheran - Kashan et enfin Esfahan

Date: Sun, 16 Apr 2006 14:08:01 +0430

Chers Tous,
Nous voici arrives a Esfahan, apres 9 jours passes en Iran, nous
arrivons enfin dans un des highlights de notre voyage.
Nous avons pris le bus de nuit a Tabriz et sommes donc arrives tres
tot le matin a Teheran. Nous y sommes restes trois jours, et n'avons
pas ete tres impressiones par la ville. Peu de monuments, si ce ne
sont les palais des shahs d'Iran: Golestan et la residence d'ete du
dernier Shah. Nous avons visite le musee contenant les bijoux royaux
et Vero a bien salive devant certaines pieces: entre autres, un coffre
rempli de perles et differents bijoux et diademes portes par Farah
Diba (surtout un collier avec de grosses turquoises, tres
impressionant).
En fait, la ville est tres polluee. La circulation est horrible et
enleve tout plaisir a flaner dans les rues. Il n'y a pas de regles,
tout le monde conduit selon son bon vouloir (une specialite etant de
prendre les rues a sens unique en marche arriere, sans se soucier des
pietons, ou meme des rond-points a contre sens).
Et surtout, il y a les mobylettes et motos: 3 motos pour une voiture,
elles surgissent de partout, a toute vitesse et font un bruit d'enfer.
On se croirait sur un circuit de F1, ce n'est vraiment pas exagere....
Tout cela fait que Teheran ne nous a pas vraiment plu. De plus, les
Iraniens ont institue ce beau systeme de segregation des sexes, qui
choque Vero un maximum. Dans les bus, femmes derriere, hommes devant.
Nous avons meme vu des queues separees chez le boulanger. Ils sont
fous. Et cela se peut que le bus section hommes soit completement
bonde, et plein de places vides chez les femmes: tant pis, c'est comme
ca...
A Teheran, on voit aussi quelques slogans tres primitifs
anti-americains, mais Vero est heureuse de voir que Coca Cola, HP,
Xerox et Microsoft sont plus forts que certains ne le voudraient... Et
incroyable: la police iranienne utilise des radios Motorola, Vero n'en
croyait pas ses yeux (so much for the US embargo et toutes les
directives que nous devons suivre a Motorola....)
Nous etions donc contents de quitter Teheran. Il faut quand meme dire
que nous avons passe une tres belle journee a visiter les palais d'ete
du Shah, puis a gagner le pied des montagnes qui se hissent au nord de
la ville. En quelques centaines de metres, nous avions laisse la
pollution derriere nous et nous trouvions dans de beaux paysages.
L'air est tellement pollue a Teheran, que la neige de cette chaine de
montagnes (Alborz) qui s'eleve au dessus de la ville apparait non
blanche ou grise, mais marron, comme vue de derriere un rideau sale...
Vraiment dommage, car c'est une belle vue sinon...
Notre prochaine etappe fut Kashan, a 200 km de la capitale. Changement
complet de paysage: desert, et les maisons faites de boue sechee, ou
de briques recouvertes de boue sechee. Nous y avons passe deux jours,
a visiter le bazar, d'anciennes maisons de marchands (tres opulentes
et somptueuses, avec fontaines, jardins et terrasses) et diverses
mosquees et medresses. Nous sommes montes sur le toit du bazar, et
avions une vue incroyable du labyrinthe d'allees couvertes et
recouvertes de boue sechee.
Nous sommes arrives hier a Esfahan, et deja, nous pouvons dire que
c'est une ville fantastique, qui vaut vraiment la peine du voyage.
Nous vous enverrons un message plus tard pour raconter....
Sinon, l'Iran est agreable a voyager. Les gens sont sympas, et nous ne
sentons rien des soi-disantes tensions internationales. Quelques
impressions:
- Beaucoup de gens nous arretent pour bavarder, beaucoup nous disent
qu'ils voudraient partir, n'aiment pas leur pays. C'est triste. Leur
top destination de reve est le Canada, puis la France et l'Allemagne.
Meme la Russie !
- On ne voit pas beaucoup d'enfants dans les rues. Cela s'explique a
Teheran, simple tactique de survie. Mais meme dans les autres villes,
nous ne voyons pas d'enfants jouer en groupes dans les rues comme dans
d'autres pays. Toujours avec leurs parents (et pas nombreux)
- Les Iraniens adorent l'eau, et toutes les villes ont des fontaines
et des jets d'eau.
- Dans les villes de province, beaucoup de vieilles Dyanes et de R5
construites sous license iranienne. Peugeot a l'air de bien se
debrouiller sur  le plan des voitures neuves.
- Pas d'alcool, bien sur, mais surtout, les Iraniens ne fument pas
beaucoup (a part le nargile). Cela fait du bien d'avoir des chambres
d'hotels ou des cafe internet sans puanteur de tabac
- On entend a peine le Muezzin appeler pour la priere. Etonnant pour
un pays si religieux, et en comparaison a la Turquie ou autres pays
musulmans visites.
- Les Iraniens aiment se rafraichir avec de l'eau de rose, et cette
odeur accompagne nos deplacements de facon tres agreable.
- Comme en Jordanie, le touriste est proie facile pour les vendeurs ou
restaurateurs, qui essaient toujours d'augmenter leurs prix en
consequence lorsqu'ils nous voient. Un peu ennuyeux, mais il suffit de
regarder ce que paient les gens du pays, ou de n'acheter que dans des
magasins affichant leurs prix (nous savons lire les nombres)
- Et enfin, juste un chiffre: pour 1 euro, vous pourriez acheter
environ 70 litres de gazoil. Incroyable, mais vrai !
Bon. Ce sont la nos premieres impressions, a bientot de nos nouvelles
d'Esfahan.
Merci a Francois pour son dernier message, si cela ne t'ennuie pas, on
prend toujours les nouvelles du monde avec plaisir !
Et bon anniversaire en avance a tous ceux du 18 avril: Maman et Maurice !
Bisous a tous
Veronique et Thomas

Subject: Esfahan - Esfahan - Esfahan

Date: Wed, 19 Apr 2006 11:06:54 -0230

Bonjour,
notre cinquieme jour a Esfahan touche a sa fin, et nous sommes un peu
tristes de quitter cette ville magnifique. Oublies le debut un peu
lent de notre voyage, le froid de la Turquie, Teheran et les chicanes
vestimentaires iraniennes. Tout cela vaut le coup, Esfahan a
completement gagne nos coeurs.
Vero revait de cette ville depuis les cours d'histoire et de francais:
un persan a Paris et tout le bazar.  Et bien, pas decue du tout...
La ville regorge de monuments grandioses:
Sur la place 'Imam Square', la deuxieme plus grande au monde apres
Tiananmen a Pekin, se trouvent le palais Ali Qapu, et deux mosquees.
La plus fabuleuse, la mosquee  de l'Imam, couverte de ceramiques, dans
les tons bleus, jaunes et verts, est immense. Les couleurs changent
selon l'heure de la journee et l'exposition au soleil, c'est un
spectacle sans fin. Les palais regorgent de peintures fines et
sophistiquees, avec des themes pris a la nature et des miniatures
montrant des courtisans de la cour des shahs. Tres raffine. On voit
bien comment les palais que nous avons visite en Inde ont ete
influences par la culture et l'art persans.
Il y a aussi le bazar, la mosquee Jameh, refletant 800 ans d'architecture...
Mais Esfahan n'est pas que ses monuments. C'est aussi un art de vivre,
une ville raffinee: de grandes avenues bordees d'arbres, avec un terre
plein central ombrage pour les pietons et les cyclistes. Un fleuve
avec des ponts anciens a la belle architecture et une promenade le
long des deux rives de plusieurs kilometres, agrementee de jardins,
jets d'eau... Vraiment genial.
La ville est propre, nickel. Les gens sont sympas, relax. Les iraniens
adorent pique niquer et ils se retrouvent en famille sur les places,
au bord de la riviere, dans les jardins. Ils apportent le tapis, le
rechaud, la bouffe, c'est toute une organisation!
Nous voyons enfin des enfants, mais comme chez nous, ils sont couves
par leurs familles et bien eleves: pas de bandes de gamins laisses a
eux memes comme dans d'autres pays visites. Ici, ils sont toujours
accompagnes par des adultes et restent dans le cadre de la famille.
Esfahan est vraiment une perle et nous n'avons qu'une chose a dire
vraiment: oubliez vos prejuges, prenez la peine et venez vous rendre
compte vous memes! Il y a des groupes d'occidentaux en visite,
francais et allemands surtout (nous ne sommes donc pas les seuls fous
ici ;-))
Les iraniens sont accueillants, et nous nous sentons ici en securite.
Aucune aggressivite, au pire de l'indifference quelque fois, surtout a
Teheran. Nous n'avons vu aucune manifestation anti quoique ce soit,
avons ete accueillis chaleureusement....
C'etait donc Esfahan. Demain nous prenons le bus pour Shiraz et
Persepolis, nous vous raconterons dans notre prochain message....
Grosses bises a tous
Vero et Thomas

Subject: Shiraz - Yazd

Date: Thu, 27 Apr 2006 13:02:37 +0430

Bonjour,
Depuis notre dernier message, nous avons donc visite la ville de
Shiraz. Qui nous a vraiment bien plue. Comparee a Esfahan, elle est
moins monumentale, mais on y ressent un certain art de vivre tres
agreable. La ville est parsemee de jardins, nous y etions au moment de
la floraison des orangers, et l'air etait lourd de parfums et de
pollen, a en avoir parfois plein les narines. Et comme toujours, jeux
d'eau, massifs colores, vraiment agreable.
Le style des mosquees de Shiraz est meme different de ce que nous
avons vu jusqu'a maintenant: les carreaux de faiences ont des teints
plus fades, pastels, avec une abondance de rose et de rouge (ce qui ne
se fait pas autre part) et montrent des motifs avec des fleurs et des
oiseaux. Des roses, des iris. Un style tout a fait particulier, qui
rappelait quelquefois a Vero des motifs de service de porcelaine...
Shiraz est aussi une ville de poetes. Deux d'entre eux y ont leur
tombeau: Hafez et Sa'di, et c'est fascinant de voir la veneration
qu'ils suscitent. Les Iraniens y viennent en pelerinage, pour se
recueillir sur leurs tombes, recitant leurs poemes, une veritable
devotion. De Shiraz, nous retirons le sentiment que les Iraniens sont
en fait un peuple tres raffine et sensible. L'ame perse est sensuelle
et poetique, et nous n'arrivons pas a faire le lien avec l'austerite
imposee par les mullahs, nous ressentons comme une certaine tension et
contradiction. Difficile a cerner...
Oui, Shiraz nous a vraiment plue. Nous avons dument visite mosques et
tombeaux, mais il faut avouer que nous commencons a souffrir d'une
certaine lassitude ...
Notre etape suivante fut donc Yazd, ville situee aux bords du desert.
Notre arrivee fut ternie par la mort non annoncee d'un de nos lecteurs
MP3, justement celui ou nous avions le plus de musique dessus, cela
nous a donne un peu le cafard sur le coup. Heureusement que nous avons
encore celui de Vero, avec moins de musique dessus, mais c'est mieux
que rien... Surtout que, fait etonnant, les Iraniens ne sont pas
vraiment un peuple de musiciens. Nous entendons tres peu de musique
dans les rues ou dans les bus. Cela nous manque.
La vielle ville de Yazd est fascinante: comme a Kashan, des maisons
basses de briques, recouvertes de boue d'argile et entourees de hauts
murs. Chaque maison a son badgir, c'est une tour assez haute, concue
pour attraper toute brise de vent et la diriger par une longue
cheminee vers la cour interieure, ou elle se refroidit en passant au
dessus d'un bassin rempli d'eau. Tres utile, car deja au mois d'avril,
nous avons dans les 30C, cela doit etre infernal en ete.
Hier nous avons fait un tour en taxi dans des villages des alentours:
interessant et autre chose que les eternelles mosquees.
Ce soir, nous prenons le train de nuit pour Teheran (nous avons les
tickets cette fois) et filons direct sur Qazvin, vers l'ouest,
reprenant ainsi lentement le chemin du retour vers la Turquie.
Notre prochain message viendra dans une semaine / 10 jours.
Sinon tout va bien. Nous avons hier mange pour la premiere fois des
hamburgers a la viande de chameau: pas vraiment special, similaire a
du mouton, mais moins fort.
Grosses bises a tous
Vero et Thomas

Subject: Qazvin - Zanjan - Tabriz - retour a la case depart

Date: Fri, 5 May 2006 17:26:59 +0430

Bonjour !
Notre boucle iranienne est presque bouclee, nous revoila a Tabriz, et
dans trois jours, nous passerons la frontiere et continuerons notre
periple en Turquie.
Depuis notre dernier message, nous avons realise que nous avons oublie
de vous parler de Persepolis... Visite au depart de Shiraz, le site
est un peu decevant quant aux restes des monuments. Mais il existe
encore des bas reliefs d'une qualite et d'une beaute incroyables qui
valent vraiment le deplacement. A quelques kilometres du site, se
trouvent les tombes de Darius et autres souverains achemenides,
taillees a meme le roc et tres impressionantes, plus que les ruines de
Persepolis en fait.
Nous avons donc pris le train de nuit (experience assez interessante,
ou la moitie des voyageurs quitte le  train a 5h du mat pour aller
prier dans la mosquee de la gare ou nous nous etions arretes...) et
sommes alles directement sur Qazvin. La ville nous a servie de base
pour aller dans les montagnes de l'Alborz, passer une journee a
visiter les chateaux des Assassins (pour ceux qui ont lu les voyages
de Freya Starck ou le livre Samarcande de Amin Malouf). Tres beaux
paysages, malheureusement difficiles d'acces, nous avons passe pas mal
de temps a attendre un minibus legendaire, sans savoir s'il arriverait
ou pas, et ou il allait. L'aventure quoi!
De Qazvin, nous avons continue sur Zanjan. De la, nous avons pris un
taxi pour une excursion d'une journee vers Takht el Soleiman, les
restes d'un temple zoroastrien, au milieu des montagnes. Encore un
site magnifique par sa location plus que pour les ruines que l'on peut
y voir.
En fait, on sent que les paysages iraniens dans les montagnes sont
fantastiques, malheureusement si difficiles d'acces que l'on ne peut
que gratter la surface, ce qui est un peu decevant. Sans propre
transport, il est difficile d'atteindre son but.
Encore trois jours donc, et nous serons en Turquie. 5 semaines d'Iran
sont amplement suffisantes, 2 feraient autant l'affaire, en se
concentrant sur les grands sites: Esfahan, Shiraz, Yazd.
Au bout de 5 semaines, il y a trop de choses qui commencent a nous
etre un peu "lourdes"
- Le port du voile pour Vero. Un foulard, noue sous le menton dans son
cas, qui a la particularite de bien mettre en valeur, son gros nez,
son debut de double menton... Sans rigoler, Claudia Schiffer en
foulard aurait elle aussi au bout d'un moment une crise d'identite. Et
puis cette chemise 3/4 d'homme a manches longues qui doit bien
recouvrir les fesses. Et ne pas oublier de mettre le foulard, meme
pour aller se laver les mains au lavabo dans le couloir de l'hotel...
- L'Anglais des Iraniens est tres rudimentaire, notre farsi nul, donc
a part les politesses d'usage, pas grand chose a se dire. Surtout les
jeunes de 16-25 ans sont enervants au possible.... On se croirait au
jardin d'enfants: hello mister, how are you, what's your country, what
time is it.... Ils vous accostent constamment en defilant ces phrases,
ne comprennent rien aux reponses, se trouvent tres cools (surtout si
ils sont en bande), et quant aux filles, elles gloussent
effarouchees... On perd espoir de pouvoir tenir une reelle
conversation (trois ou quatre en tout). Et quand on a enfin une
conversation:
- L'isolationisme de l'Iran, voulu ou pas, leur dedain envers leurs
voisins directs, leur vue du monde tres limitee et a sens unique rend
toute conversation difficile. Pas de conversations enrichissantes
comme nous avons pu en avoir avec des Jordaniens, Syriens, Turcs. Il
existe vraiment tout un monde entre ce pays, ses valeurs, sa religion
et le reste du monde (pas seulement occidental mais arabe aussi). Nos
deux cultures sont vraiment tres differentes, et nous ne l'avons
jamais tant ressenti qu'ici
- Nous avons trouve les Iraniens polis, mais reserves. Pas ouverts et
chaleureux comme le sont les Arabes.
- La bouffe laisse a desirer. Et les fruits / legumes frais sont de
mauvaise qualite. Les iraniens adorent la tripaille, nous avons
l'impression qu'ils ne mangent que ca. Imaginez, vous avez faim,
ouvrez optimistes la porte d'un restau et cette odeur de tripaille
vous prend a la gorge des l'entree... Berck ! Que diriez vous d'une
autre specialite, la salade de cerveau d'agneau !
Nous mangeons donc beaucoup de kebab (cela ne va pas changer en
Turquie), mais aussi un tres bon plat local, nomme Abgusht (un ragout
de mouton avec pois chiches et pommes de terre)
- Thomas me dit que mon mail n'est que negatif. Il n'a pas tort. Et
c'est vrai que nous avons aussi eu de tres bons moments en Iran.
Surtout Esfahan et Shiraz resteront vraiment des moments forts de ce
voyage.
- Sinon, comme beaucoup, les Iraniens attendent la coupe du monde de
foot avec impatience. C'est un grand truc ici.
- Il ne faut pas oublier, que les Iraniens ont une histoire recente
tres difficile. Durant la guerre Iran - Iraq, 500.000 iraniens ont
trouve la mort, leurs photos ornent toutes les entrees de ville sur de
grands posters, c'est poignant a voir, et a certainement laisse encore
beaucoup de cicatrices dans ce peuple.
Voila donc les dernieres impressions d'Iran. Nous allons paresser un
jour a Tabriz, puis passer par Orumiyeh (traversee pittoresque d'un
lac par ferry) avant d'atteindre la frontiere a Sero.
Premier stop en Turquie sera le lac Van. La meteo n'est pas optimiste,
nous le sommes.
Grosses bises a tous
Vero et Thomas

Subject: Orumiyeh - Van - Turquie

Date: Thu, 11 May 2006 17:21:09 +0300

Chers tous,
Nous voici donc arrives en Turquie depuis maintenant trois jours. Quel
changement! La ville de Van, notre premiere etape est accueillante,
vibrante. Les gens, des Kurdes en majorite sont super sympas, les
filles et femmes sont a nouveau normales, la musique joue dans les
rues (et dans ce cafe internet), les magasins sont colores, les rues
illuminees c'est un autre monde.
En plus, nous avons retrouve le soleil, il fait beau, et Vero, liberee
de son foulard et de ses manches longues a pris de bons coups de
soleil sur la nuque et les avant-bras...
Nos derniers jours en Iran furent relax et tranquilles. Mais nous
etions quand meme contents de partir, avec un sentiment de tristesse
pour les Iraniens, qui eux ne peuvent pas quitter leur pays. Nos
dernieres conversations nous ont vraiment donne le sentiment d'un
malaise chez eux. Ils ne sont pas heureux, mais ne savent pas quoi
faire. Ils attendent. Esperons pour eux, qu'ils n'attendront pas trop
longtemps. Mais les mullahs ont tellement la poigne de fer que
personne n'ose bouger...
Van et sa region sont magnifiques. Un lac fantastique et immense, aux
couleurs bleu-turquoise, des prairies vertes, des montagnes aux
sommets encore enneiges, les paysages sont vraiment merveilleux. Nous
nous en sommes donnes a coeur joie, cela fait du bien d'etre dans la
nature et de grimper, marcher...
Nous avons visite le rocher de Van, les restes de l'ancienne citadelle
et de l'ancienne ville armenienne, completement detruite a la suite
des evenements de 1915-1918, tres controverses ici bien sur...
Incroyable comment une ville, importante comme elle etait, peut etre
detruite et disparaitre. La nouvelle ville de Van a ete reconstruite 4
km plus a l'ouest, les terrains de l'ancienne sont maintenant laisses
aux moutons.
La population ici est majoritairement kurde. Les gens sont tres
chaleureux et nous nous sentons vraiment bienvenus. A part plusieurs
controles apres la frontiere, pas de signes de tension, nous nous
sentons vraiment en securite.
Aujourd'hui, nous avons visite une eglise armenienne, situee sur une
ile a 40 km a l'ouest de Van - un joyau architectural avec beaucoup de
reliefs. Et un paysage de reve bien sur.
Comme vous voyez, le moral est bon, et nous profitons du moment.
Demain, nous prenons le bus pour Diyarbakir, sur les bords du Tigre.
De la, nous continuerons vers Malatya, pour monter sur le Mont Nemrut,
puis Sanliurfa, Mardin, d'ou nous passerons en Syrie dans une
quinzaine de jours. Mais nous enverrons un autre message d'ici la.
Ah oui. Nous n'avons pas vu le fameux chat de Van, celui qui nage dans
le lac et a un oeil bleu et un oeil jaune. Les bestioles sont
tellement precieuses que leurs proprietaires n'osent pas les laisser
sortir (nous a-t-on dit) ... Mais la ville est pleine de leurs photos.
Grosses bises a tous
Vero et Thomas

Subject: Diyarbakir- Mont Nemrut - Urfa - Mardin - Midyat

Date: Sun, 21 May 2006 11:34:51 +0300

Chers Tous,
Ces deux dernieres semaines dans l'Anatolie du sud-est ont ete
fabuleuses, c'est vraiment notre partie preferee de la Turquie. Le
temps passe tres vite, nous voyons beaucoup de paysages et de villes
interessants, il fait beau, tout va donc pour le mieux!
De Van, nous avons pris par erreur un bus pour Diyarbakir, qui au lieu
de prendre le trajet direct par le sud, a tout d'abord contourne le
lac par le nord - petit bonus non prevu... Cela a rallonge notre
trajet, surtout que l'etat des routes dans ces contrees eloignees de
la Turquie est parfois lamentable. Une honte, pas etonnant que les
Kurdes se sentent parfois laisses pour compte par Ankara....
La ville de Diyarbakir nous a beaucoup plu. Entouree de 6 km de murs
noirs en basalt, surplombant le Tigre, la vieille ville est
impressionante. Elle bouillone d'energie et de vitalite. Incroyable le
nombre d'enfants dans les rues (jeunes, de 3 a 13 ans), le planning
familial n'a pas l'air de bien fonctionner la bas... La population
kurde est tres sympa, et malgre les troubles recents nous n'avons
ressenti aucune aggressivite ou tension dans l'air. Durant ces deux
semaines, nous avons vu tres peu de touristes occidentaux et nous
sommes donc chouchoutes quand nous arrivons.
De Diyarbakir, nous avons passe deux jours un peu speciaux. Notre
destination etait le Mont Nemrut, a 2200 m d'altitude, une montagne
surmontee d'un temple et d'un tumulus datant d'environ 50 av JC, un
site archeologique assez impressionant car les statues du temple se
sont effondrees et les tetes de ces statues, de deux metres de haut et
+ sont restees au sommet. D'habitude, les touristes approchent ce site
par le sud mais nous voulions quelquechose de mieux. Approcher par le
nord, traverser le sommet a pied et redescendre par le sud. Nous avons
donc quitte le bus le long de la `nationale`, au tournant pour Nemrut,
dans l'espoir d'attraper un dolmus (minibus) ou de faire du stop.
Malheureusement, c'etait dimanche et il y avait peu de circulation.
Des 84 km jusqu'au sommet, nous n'en avons fait que 72 et avons du
passer notre premiere nuit a la belle etoile au dessus du dernier
village. Belle nuit, pleine lune, ciel etoile, heureusement que nous
avions apporte assez a manger! Le lendemain nous avons fait les 12 km
restants a pied, et avons bien transpire. Nous avons passe la journee
au sommet, admirant le paysage, le coucher du soleil et avons passe
notre deuxieme nuit a la belle etoile, au milieu des statues de la
terrasse ouest. Quel hotel, sous le ciel etoile! Genial! Apres le
lever du soleil, nous avons attrape un minibus qui nous a depose a
Kahta, d'ou nous avons pris le bus pour Urfa.
Urfa fut aussi une revelation. Lieu de naissance du prophete Abraham,
c'est un lieu de pelerinage pour les musulmans et nous y avons vu
beaucoup de pelerins, surtout iraniens, reconnaissables aux taches
noires qu'ils formaient dans la foule sinon coloree... Urfa a de tres
beaux jardins, deux etangs sacres (plein de carpes obeses, car
nourries par les pelerins), une atmosphere tres relax et accueillante.
Les hommes kurdes portent leurs pantalons traditionnels (avec le fond
de culotte allant jusqu'aux genoux), de larges ceintures et des
turbans de couleur mauve (couleur que nous n'avons vue qu'a Urfa).
Certaines femmes ont des tatouages sur le visage et beaucoup ont aussi
un foulard mauve, ce qui est d'un tres joli effet dans les rues.
Nous avons vraiment apprecie cette ville. De la, nous sommes partis
pour Mardin, une vieille ville au sommet d'une colline surplombant la
plaine syrienne avec des superbes vues vers le sud. La ville nous a un
peu decus, trop de beton parmi les vieilles maisons, et nous avons
prefere Midyat ou nous sommes maintenant. Nous sommes dans une region
ou habit(ai)ent beaucoup de chretiens syriens orthodoxes, et il y a
beaucoup d'eglises. Urfa, ainsi est l'ancienne ville d'Edesa, cause de
la 2eme croisade.
Nous avons assiste a un service religieux en arameen, la langue de
Jesus, seulement parlee encore dans cette region.
De Midyat, nous avons visite Hasankeyf, batie au dessus du Tigre, sur
un surplomb impressionant, et cet apres-midi, nous allons voir le
monastere de Mor Gabriel.
Oui, ces deux dernieres semaines ont vraiment ete chouettes. Demain
nous quittons la Turquie pour la Syrie. Notre prochain message viendra
peut etre de Damas.
Grosses bises a tous
Vero et Thomas

Subject: Quamishli - Palmyra - Damas - Bosra

Date: Mon, 29 May 2006 01:14:35 -0700

Chers tous,
Et nous voici de nouveau a Damas, notre troisieme visite en Syrie,
pays toujours autant fascinant et agreable. Depuis notre dernier
message, nous avons passe la frontiere sans problemes et avons passe
notre premiere nuit syrienne a Quamishli, a l'extreme nord est du
pays. La ville n'a pas change depuis notre derniere visite: toujours
aussi poussiereuse, mais toujours aussi accueillante. Un mix
interessant de population, beaucoup de Kurdes et 20% de chretiens.
Tout cela cree une ambiance chaleureuse et coloree.
A peine deux heures dans la ville, et nous avons ete invites par un
gars (qui souhaitait pratiquer son allemand et nous avait entendu
parler dans la rue) a passer l'heure de la sieste chez lui: nous nous
sommes retrouves autour d'une table bien garnie a l'ombre dans la cour
de sa maison, a deguster un repas bien frais et discuter des affaires
du monde...
Nous l'avons quitte en echangeant nos adresses, juste a l'heure de la
messe... Les cloches sonnaient dans la ville et les eglises etaient
pleines a craquer (sans exageration). Incroyable apres la Turquie:
c'est la que l'on realise la razzia faite par les Turcs au debut du
siecle. Apres le sort reserve aux Armeniens, les autres chretiens ont
prefere fuir vers des cieux plus clements.
De Quamishli, nous avons pris le bus pour Palmyra, un de nos sites
preferes dans la region. Oasis au milieu du desert, des ruines
impressionantes par leur etendue, leur couleur et leur etat de
conservation, nous y retournons toujours de bon coeur et y sommes
restes trois jours. Alors que d'habitude nous avons les ruines pour
nous seuls, il y avait cette fois ci relativement beaucoup de
touristes (surtout des groupes francais). On sent vraiment une
difference.
A Damas, nous profitons simplement de la ville et admirons la vieille
ville, ideale pour flaner. La grande mosquee est magnifique et nous y
retournons toujours. La Syrie est vraiment un pays magique. C'est le
mix parfait entre les gens qui y vivent, les attractions touristiques,
l'ambiance locale. Seul inconvenient: le pays est un depot d'ordure,
c'est vraiment frappant apres la proprete impeccable de l'Iran et
celle relative de la Turquie.
Le gros truc ici, comme en Turquie et en Iran d'ailleurs (surtout que
les Iraniens participent et esperent ainsi etre dans les medias pour
une "bonne" cause...), est la prochaine coupe du monde de football.
Tout le monde s'y prepare et attend le jour J avec grande
anticipation. Les Syriens ne participant pas, ils sont "libres" de
supporter l'equipe de leur choix, et deja, les rues sont decorees de
drapeaux qui volent des fenetres, balcons, etc. D'apres ce que nous
voyons, l'Allemagne et le Bresil sont vraiment de loin les grands
favoris. Les Syriens semblent esperer un replay de la finale de 2002.
Apres, tres loin apres, viennent l'Argentine et l'Italie. Quelques
drapeaux espagnols, et la pauvre Vero est toujours a la recherche d'un
drapeau francais (ou meme anglais). Sans rire, c'est vraiment vrai...
Hier, nous avons fait une excursion pour la journee a Bosra, au sud du
pays pres de la frontiere jordanienne. Tres belles ruines de
l'ancienne cite romaine avec des additions nabateennes et byzantines,
construites en enormes blocs de basalt noir. Le clou est un theatre
d'une capacite de 9000 personnes, tres bien conserve et impressionant.
Les palais et maisons sont construites dans le meme style que ce nous
avions vu en Jordanie a l'est d'Amman l'an dernier.
Il fait deja tres chaud (37 C), mais la journee passee au milieu des
pierres noires, fut hier assez epuisante. Sur le retour, notre bus a
rendu l'ame (embrayage), mais heureusement nous avions deja un
remplacement apres une heure d'attente.
Ce qui nous plait en Syrie aussi, c'est la nourriture. Apres les
quantites de Kebab et Shish Tavouk ingurgitees en Turquie et Iran,
c'est un plaisir de manger tous les mezze (hummus, fuul, tabouleh,
fattoush, etc). Sans parler des sandwiches falafels, et de la glace
Bakdash (l'equivalent damascene de Bertillon): un regal...
Demain, nous quittons Damas (sniff) pour le Liban, ou nous comptons
passer une dizaine de jours. Tout d'abord les ruines de Baalbek dans
la vallee de la Bekkaa, puis Beyrouth et Tripoli. Vero va enfin voir
les cedres du Liban dont elle reve depuis si longtemps. Prochain
message de Tripoli donc, ou peut-etre de Syrie.
Grosses bises a tous
Vero et Thomas.

Subject: Liban - Baalbeck - Beyrouth - Tripoli

Date: Wed, 7 Jun 2006 19:20:51 +0300

Bonjour,
Nous voici de retour en Syrie apres 9 jours passes au Liban. Ce pays
est assez deconcertant. Tout d'abord Baalbeck, dans la vallee de la
Bekka, site d'un temple romain gigantesque. Les proportions des ruines
sont incroyables, on se sent minuscule a cote des quelques colonnes
qui restent encore debout. Depuis notre derniere visite en 2002, nous
avons trouve l'ambiance dans la vallee de la Bekka beaucoup plus
relax. Les Syriens sont partis, il y a toujours des postes d'armee le
long de la route, mais plus de controles. La ville de Baalbeck a ete
un peu renovee, mais est malheureusement toujours autant endormie...
La seule distraction des habitants consiste le soir a faire le tour de
la ville en voiture, a faire crier les pneus sur l'asphalte et
klaxonner allegrement leurs connaissances.
Les Libanais ont de toute facon une relation tres particuliere avec
leurs voitures: tres machos, ils adorent faire vrombir le moteur et
astiquer la laque. Les jeunes surtout. Et pas n'importe quelles
voitures: Mercedes, BMW... On se demande d'ou ils ont l'argent pour de
telles machines ?
Puis nous sommes alles a Beyrouth. La ville ne nous a pas plu du tout.
Elle est encore enormement marquee par les destructions de la guerre
civile. Vero, qui s'attendait a voir le Paris du Moyen Orient a ete
fortement decue. Downtown a ete completement detruit et est en pleine
reconstruction. Certains quartiers sont terminees, avec de tres belles
maisons, mais il y manque la vie et les habitants. C'est comme un set
de cinema.
Nous pensons qu'il faudra attendre que les quartiers residentiels et
commerciaux du port soient termines avant que la vie ne revienne
vraiment. Et cela va encore durer. Et entre ces nouveaux quartiers, on
voit encore les carcasses d'immeubles, ou des facades criblees de
balles. Vraiment bizarre. Beyrouth Ouest et la rue Hamra, que nous
nous attendions a trouver tres vivante et commercante ne nous a pas
impressionne non plus. C'est comme si Beyrouth avait perdu son ame, on
ne ressent pas de communaute, d'unite. La ville n'a pas d'identite.
Meme la corniche nous a decus.
Mais bon, esperons que le temps redonnera a Beyrouth sa splendeur
passee, mais a notre avis, cela va durer un moment. Nous y sommes
restes 3 jours et avons de la fait des excursions: vers Sidon, une
ville situee au Sud de la capitale. Tres vivante, avec de beaux souks
animes et "labyrinthesques", et un chateau de croises bati sur un
promontoire dans la mer.
Nous sommes aussi alles visiter la Grotte de Jeitta, une merveille
naturelle, gigantesque, avec stalagtites et stalagmites, lac
souterrain, vraiment impressionante a voir.
Apres ces trois jours, nous etions heureux de quitter Beyrouth et un
peu sceptiques quant au reste de notre visite au Liban. Ils furent
tres chouettes: nous sommes alles nous baser au nord du pays, a
Tripoli. La, l'ambiance est tout a fait differente, la ville vit et a
un charme, un sens. Nous nous y sommes tout de suite tres bien sentis:
souks, citadelle, nous y avons passe une journee tres agreable a tout
visiter.
De la, nous avons passe une journee a Byblos, avec ses ruines
romaines, ses plages, son port tres pittoresque. Un tout autre aspect
du Liban. Et les deux derniers jours, les meilleurs, nous les
passerent dans les montagnes, a Bcharre, dans la vallee de la Qadisha.
Nous y avons fait de tres belles randonnees et avons, entre autres,
enfin vu les fameux cedres du Liban. Il n'en reste plus beaucoup, mais
la "foret" de 375 exemplaires que nous avons visitee etait
impressionante, aromatique. Certains arbres sont vraiment enormes et
ont jusqu'a 2000 ans d'age.
La vallee de Qadisha est en fait une gorge tres profonde au fond de
laquelle coule le fleuve. Dans la vallee, se sont etablis de nombreux
monasteres et ermitages, et cette region est le berceau des chretiens
maronites. Nous avons donc fait une belle ballade, au milieu d'une
belle nature, agrementee de visites de monasteres.
Le Liban fut donc un melange interessant d'experiences. Le pays en lui
meme est assez sale, comme la Syrie, ce qui nous a aussi surpris. Les
gens accueillants (a part Beyrouth, mais c'est peut etre le facteur
"capitale du pays"). Les filles, meme musulmanes, sont tres coquettes
et n'ont pas peur de montrer leurs formes (qui sont d'ailleurs assez
rondes et assez opulentes cote soutien gorge).
Nous sommes maintenant a Hama, une ville tres conservatrice de Syrie,
et c'est un changement: ici toutes les femmes ou presque ont un
foulard. Point de vue climat, nous sommes heureux d'avoir echappe a la
chaleur oppressante et humide de la cote. On transpirait en ne faisant
rien, et tout etait moite, desagreable.
Nous allons passer une dizaine de jours en Syrie avant de regagner la
Turquie. Prochain mail probablement de Lattakia, notre derniere etappe
syrienne.
Grosses bises a tous
Vero et Thomas

Subject: Hama - Aleppo - Lattakia - au revoir la Syrie

Date: Thu, 15 Jun 2006 11:24:00 +0300

Bonjour,
Notre dernier message venait d'Hama, au bord du fleuve Orontes, ville
celebre pour ses norias, ou enormes roues en bois utilisees pour
irriguer les champs alentour, et qui font un bruit d'enfer, similaire
a une armee de tondeuses a gazon... La ville est tres agreable, mais a
sinon peu a offrir. C'est pourquoi, nous en avons profite pour faire
une excursion vers Apamea (autrefois une tres grosse ville romaine,
maintenant un site archeologique jonche de ruines) et Masyaf (une
ville avec un tres beau chateau fort arabe, qui servit a une periode
de base a la branche syrienne de la secte des Assassins).
De la, nous partirent pour Aleppo, une de nos villes preferees au
Moyen-Orient. Les souks nous ont a nouveau seduits, et nous maintenons
qu'ils sont a notre avis les plus pittoresques et atmospheriques que
nous connaissions. Ceux de Damas et de Teheran sont peut etre plus
vastes et offrent plus de choix, mais point de vue ambiance et couleur
locale, ceux d'Aleppo restent imbattables.
Il y a aussi la citadelle, la grande mosquee et de nombreux khans (ou
caravanserais). Et bien sur, le quartier Jdaide, un quartier chretien
assez important avec une enorme cathedrale maronite et une multitude
d'autres eglises (interchangez les termes syrien, grec, armenien avec
orthodoxe, romaine ou catholique et vous aurez a peu pres tous les
differents cultes representes:-)). Juste au moment de notre visite, la
cathedrale etait pleine a craquer pour un grand mariage (cela change,
d'habitude nous tombons toujours au moment des enterrements). Il y
avait des invites venus des US, du Liban, un grand truc quoi, et les
femmes etaient habillees a la derniere mode, comme toutes fraiches
sorties du dernier Vogue... Incroyable.
D'Aleppo, nous avons visite les "villes mortes", une serie de villes
byzantines, datant du 6eme au 10eme siecles, qui sont maintenant
abandonnees et desertees. Il y a beaucoup de ruines de maisons,
palais, eglises au milieu des champs, dans un style architectural tres
similaire a celui de la basilique St Simeon au nord-ouest d'Aleppo.
Nous avons aussi visite le musee de mosaiques d'une petite ville,
Maarat al Numan. Tres beau musee, les mosaiques provenant des "villes
mortes" et tres bien restaurees, avec de belles couleurs et bien
presentees. Maarat est aussi rentree dans l'histoire (du moins pour
les Arabes), comme etant la ville, ou apres un long siege, les
croises, affames et sans nourriture, non seulement pillerent et
tuerent les habitants, mais en plus en mangerent un grand nombre apres
les avoir fait griller ou bouillir (fait documente par les croises eux
memes) ...
Nous sommes maintenant a Lattakia. La ville n'a pas grand chose a
offrir, mais nous sert de base pour visiter quelques chateaux forts de
croises et aujourd'hui, nous allons fuir la chaleur oppressante de la
cote pour une excursion dans l'arriere pays, dans les montagnes.
Demain, nous passons en Turquie, direction Antakya. De la, nous
filerons vers la Cappadoce, vous savez, cette region qui nous avait
tellement plue l'an dernier.
Sinon tout va bien, mais nous commencons a ressentir les fatigues du
voyage: beaucoup de deplacements, beaucoup de monuments, nous avons
besoin de vacances au milieu des vacances... Malheureusement la Syrie
ne s'y prete pas vraiment: les plages sont presques inexistantes, et
les Syriens ne connaissent pas vraiment le concept du tourisme
balneaire. Nous rechargerons donc les batteries en Cappadoce, ou nous
voulons passer une dizaine de jours, a randonner et admirer paysages
et vieilles chapelles. De la, nous irons vers un autre beau site
naturel, "Lakeland" vers Egirdir, avant de prendre notre derniere dose
de mosquees et autres monuments a Istanboul...
Notre prochain message viendra donc probablement de Cappadoce dans une
dizaine de jours.
Vero + Thomas
PS: nous avons eu des questions concernant l'argent. Nous avons toute
notre reserve en liquide avec nous, pas de travellers, et des cartes
seulement en cas d'urgence. Nous le portons toujours sur nous et
n'avons pas de probleme avec cette solution.
Quant aux budgets quotidiens: cela depend bien sur du pays ou nous
sommes. La Turquie et le Liban sont relativement chers et nous
comptons 30 Euro/20 Pound par jour. La Syrie et l'Iran sont beaucoup
moins chers, et la,  15 Euro/10 Pound suffisent par jour. Mais nous
voyageons sur un petit budget: pas d'hotel chic avec clim, pas de
restau a etoile, transport local uniquement, et nous preferons marcher
que prendre un taxi.

Subject: Antakya et Kayseri - Cappadoce

Date: Mon, 26 Jun 2006 15:45:09 +0300

Chers tous,
Notre dernier message venait de Syrie, et ce pays semble deja loin
derriere nous... Depuis, nous avons visite Antakya (l'ancienne
Antioche) et son fabuleux musee de mosaiques romaines, et la ville
anatolienne de Kayseri, au pied du mont Ercyes, un volcan eteint de
3916m, couronne de neige. En fait, nous avons retrace exactement notre
itineraire de l'an passe, donc pas grand chose de nouveau a raconter
sur ces quelques jours, le but de l'exercice etant surtout de nous
amener en Cappadoce.
Nous sommes a Goreme depuis maintenant 8 jours, notre plus long stop
du voyage, et cela fait du bien de ne pas avoir a faire de sac le
matin, de laisser les guides touristiques dans la chambre et de se
promener dans des paysages merveilleux. Nous avons sillone la region
de fond en comble et decouvrons tous les jours de nouvelles vallees,
de nouvelles formations, de nouvelles eglises taillees dans le rocher.
C'est vraiment une destination fantastique.
Nous sommes dans une petite pension sympa et simple, il y a tres peu
de touristes, c'est donc tres calme. Nous avons deux camarades, un
petit chien nomme Chirkin (ce qui veut dire laid en turc) et un chat
noir tout maigre nomme Africa. Ces deux la ont un faible pour Thomas
surtout et ne le lachent pas d'une semelle. C'est marrant a voir (en
plus, Thomas n'est pas trop chien et chat...). Et comme ils sont
jeunes  (2 ans) et ont ete eleves ensemble, ils jouent et se
chamaillent sans cesse. Nous n'avons jamais vu un chien et un chat
s'entendre si parfaitement.
Tout cela pour vous dire que nous profitons bien de cette pause
agreable et tranquille avant de reprendre notre baton de voyageur.
Nous quittons Goreme demain et partons pour la vallee d'Ihlara, a une
centaine de kilometres vers l'ouest. Nous pensons y trouver un canyon
spectaculaire au fond duquel se trouvent encore plus d'eglises et
fresques medievales. Nous vous raconterons...
Nous comptons y rester 2 jours, puis continuer sur Egirdir, aux bords
d'un lac sur le plateau anatolien, histoire de faire encore quelques
bonnes randos, avant de prendre le train de nuit pour Istambul,
derniere etappe de notre voyage.
La date du retour approche, nous rentrons en Angleterre le 7 juillet.
Il fait tres chaud, dans les 30 a 35C, et nous transpirons a grosses
gouttes sur les chemins de Cappadoce: nous aurons un petit choc en
rentrant dans la verte Angleterre ...
Notre prochain et dernier message viendra donc d'Istambul.
Grosses bises a tous
Vero et Thomas

Subject: Ihlara - Egirdir et Istamboul

Date: Thu, 6 Jul 2006 11:21:27 +0300

Bonjour,
Et voila, nous sommes donc a Istamboul, le voyage touche a sa fin,
nous prenons demain l'avion pour Londres. Depuis notre dernier
message, nous avons donc quitte Goreme, pour aller dans la vallee
d'Ihlara. Tous les livres et guides en font l'eloge, nous avons ete un
peu decus. Nous en attendions probablement trop.
C'est une gorge, avec de belles promenades a faire le long du fleuve,
agrementees d'eglises taillees dans le roc et decorees de fresques.
Malheureusement, les fresques sont tres endommagees, et la promenade
tres facile... Mais c'etait quand meme sympa. Nous avons passe trois
jours dans cette region, visitant une petite ville voisine. Nous
etions bases dans un petit village au fond de la gorge, et dormions
dans une cabane en bois sur pilotis... Tres romantique ! Surtout, que
le deuxieme jour, le temps a tourne, et nous avons eu des orages assez
forts. Nous sommes rentres trempes de nos excursions mais notre cabane
a tenu bon. Par contre, la montee de niveau du fleuve et la force de
l'eau dans la gorge etaient assez impressionants.
D'Ihlara, nous avons continue sur Egirdir, petite ville endormie au
bord d'un grand lac entoure de montagnes et y avons retrouve le
soleil. Nous y sommes restes un jour et avons fait ce que nous aimons
le plus: nous sommes grimpes au sommet de la montagne surplombant la
ville (1000 m de denivelle), et de la haut avons eu un superbe
panorama du lac et des environs. L'ascension fut assez dure pour Vero
qui a bien cru ne jamais arriver au sommet, tellement il faisait chaud
(bien sur, nous avons fait cela en plein midi...). Mais cela a valu
l'effort.
D'Egirdir, nous avons pris le bus de nuit pour Istamboul. Nous etions
contents d'arriver, mais cela ne fut pas si mal que nous le pensions.
Aujourd'hui est donc notre dernier jour dans cette ville magnifique,
et nous nous sommes gardes en gourmandise la visite de Aya Sophia pour
la fin.  Sinon, nous avons parcouru la ville, revisitant les monuments
et les quartiers qui nous avaient bien plus durant notre premiere
visite et en decouvrant de nouveaux. Istamboul est pleine de mosquees,
c'est a en avoir une indigestion.
Entre autres, nous avons visite le musee de mosaiques d'Istamboul, qui
abrite les restes d'une mosaique gigantesque qui decorait le sol du
palais de Justinian (6e siecle apres JC). Vraiment impressionant. Nous
avons aussi trouve une eglise, avec de tres beaux restes de mosaiques
byzantines, qui n'etait mentionnee dans aucun de nos guides. Ou alors,
une chapelle grecque avec une fontaine miraculeuse en dehors des
fortifications (Thomas a bu l'eau miraculeuse, nous en attendons les
effets avec impatience).
Istamboul est vraiment une ville magique ou il y a toujours quelque
chose a decouvrir. Les quartiers populaires intra-muros donnent encore
l'impression de villages, c'est tres agreable de s'y promener. Nous
aimons vraiment cette ville.
Demain est donc le retour, et lundi prochain reprise du travail pour
Vero qui a eu la chance de trouver du boulot chez Motorola. Nous
enverrons un dernier message de Boringstoke, histoire de conclure le
voyage.
Grosses bises a tous
Vero et Thomas

Subject: Moyen-Orient 2006 - Conclusion

Date: Thu, 20 Jul 2006 10:29:41 +0100

Chers tous,
C'est un peu bizarre, d'être là, confortablement installés dans notre
petit coin tranquille du Hampshire et de voir défiler les images de
Beyrouth et Tripoli sous les bombes à la télé (ou celles de la route
de Damas que nous avons empruntée il y quelques semaines encore).
D'un côté, nous avons gardé de notre visite au Liban le souvenir d'un
pays pas bien dans sa peau. Nous ne sommes donc pas vraiment surpris.
Ainsi, les gens auxquels nous avions posé des questions regardant
Hezbollah semblaient tous gênés de notre curiosité et mals à l'aise
pour répondre à nos questions innocentes (par exemple sur Nasrallah et
la propagande faite autour de lui, ou encore sur la présence incongrue
de toutes ces collectes de fonds faites pour Hezbollah dans des
"troncs" du même genre que ceux que nous avions vus partout en Iran).
Ils n'osaient pas en parler ouvertement et passaient vite leur chemin
(pas comme les Iraniens qui n'avaient, eux, aucun problème à parler
ouvertement avec nous, étrangers, des Mullahs et de leur "mauvais"
gouvernement).
Mais revenons à des choses plus terre à terre. Nous avons vite repris
notre routine habituelle et Véro est déjà en train de préparer le
prochain voyage: hier, vous auriez pu la voir, assise par terre,
entourée de 6 ou 7 guides sur la Thailande, le Cambodge, Vietnam et le
Laos, prenant des notes avec ardeur - pas de mystère donc quant à
notre prochaine destination!
Voici une liste des 15 top attractions de notre dernier voyage. La
liste est classée par ordre purement chronologique et ne prend pas en
compte les sites déjà visités l'an dernier (tels l'incomparable
Palmyra ou les chateaux de croisés syriens):
1.L'éclipse totale de soleil à Amasya
2.Les toits du bazar de Kashan (Thomas)
2. Le musée national des bijoux à Téhéran (Véro)
3.Le palais Ali Qapu à Isfahan
4.La mosquée de l'Iman à Isfahan
5.Les jardins, oiseaux et senteurs de Shiraz
6.Les bas reliefs de Persépolis
7.La mosquée du Vendredi (Jameh Mosque) à Yazd
8.Tahkt-e-Soleiman (incluant le trajet pour s'y rendre)
9.Le lac Van
10.Les enfants des rues à Diyarbakir
11.Le mont Nemrut Dagi
12.Urfa
13.La vieille ville de Tripoli et le chateau St Gilles
14.La vallée de Bcharre et les cèdres du Liban
15.Le musée de mosaiques d'Istamboul
Il y a deux choses que nous voulons quand même souligner, bien que
nous en ayons déjà abondamment fait les louanges dans nos messages: la
Cappadoce nous a à nouveau emballés, nous y avons passé 11 jours et
aurions pu y rester encore plus longtemps. Et Istamboul… une ville qui
regorge de trésors. Ste Sophie est une merveille: le batiment le plus
étonnant que nous ayons vu d'après Thomas (Véro hésite entre Ste
Sophie et le Taj Mahal).
La palme pour le site le plus horrible de notre voyage revient à la
gare routière Charles Hélou à Beyrouth. Cette abomination doit être un
des endroits les plus déprimant au monde. Imaginez un pont à 4 voies
en béton avec une gare routière construite sur plusieurs étages en
dessous, le tout gris béton ou noir crasseux, presque à l'abandon,
complètement souillé de détritus, les (nombreux) coins sombres faisant
office de toilettes publiques: c'est Charles Hélou. C'est tellement
horrible que cela vaut presque la peine d'être vu.
Pour compléter le tout, voici quelques statistiques couvrant tout
notre périple, d'Istamboul à Istamboul.
Nombre de nuits: 108
Nombre d'hôtels: 35 (3.08 jours par hôtel)
Nombre d'hôtels avec des cafards dans la chambre: 1 (Damas, nous y
passèrent une seule nuit et changèrent promptement d'hôtel pour les
nuits suivantes)
Nuit d'hôtel la plus chère: 40 YTL ou 20 € (Hôtel Arsenal, Istamboul)
Nuit d'hôtel la moins chère: 200 livres syriennes ou 3 € (Hôtel Bal
Shameen, Palmyra)
Nombre de kebabs: aucune idée, mais définitivement trop
Nombre de kilomètres parcourus par la route (car, bus, taxi, etc): 12650
Nombre de kilomètres en train: 925
Nombre de kilomètres en ferry: 4 (lac Orumiyeh en Iran et Bosphore)
Nombre de kilomètres à pied: qui sait? Dans les 2200
Kilomètres par jour: 145
Nous placerons quelques photos sur le site web de Thomas bientôt. Le
problème est qu'avec 1360 photos de prises, nous allons d'abord devoir
les trier. Mais promis, nous posterons les meilleures et vous en
informerons par email dès qu'elles seront en ligne.
Une dernière anecdote: Iran, Tahkt-e-Soleiman. Nous revenions vers
notre taxi après avoir admiré de près le cratère d'un des volcans
éteints qui entourent le site, et il y avait sur le parking cette
voiture, entourée d'un petit groupe de 4-5 européens visiblement bien
embêtés.
Il s'avéra, qu'ils avaient avec eux DEUX bouteilles de vin rouge (ce
qui dans ce pays abstinent qu'est l'Iran est en soi exceptionel) mais
avaient oublié le TIRE BOUCHON! Horreur! Consternation! Ils s'étaient
résignés à l'idée de casser le goulot des bouteilles lorsqu'ils nous
aperçurent: nous étions évidemment leur dernière chance.
Et effectivement, nous avons toujours avec nous, un petit kit de
survie, incluant entre autres … un couteau suisse. Nous voici donc,
une minute plus tard, au fin fond de l'Iran, un verre de vin à la
main, portant des toasts à l'ingéniosité suisse, notre seule goutte
d'alcool en 4 mois de voyage, un beau souvenir.  Nous ne voulons pas
alimenter les préjugés de nos lecteurs en révélant la nationalité de
ces personnes, et surtout, ne voulons pas nous brouiller avec nos amis
Polonais ;-) …
Sur ces mots, merci de nous avoir accompagnés dans nos voyages… et à
la prochaine!
Véro et Thomas


$updated from: ME2006 Mails French.htxt Sat 18 Jan 2014 13:14:23 thomasl (By Thomas Lauer)$